Savoir (se) présenter

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En relations publiques, il faut construire des présentations efficaces et les livrer de manière mémorable.  Et pourtant, qui n’a pas souffert durant une présentation trop longue, aux tableaux surchargés et confus?  L’art de bien présenter se cultive.

Les outils graphiques sont utiles mais pas autant que l’angle de traitement du sujet et l’attitude du présentateur envers l’auditoire, explique Garr Reynolds, dans son livre Présentation zen1. Tout en livrant une multitude de conseils techniques pertinents, il remet en cause l’importance excessive accordée aux présentations assistées par ordinateur (PREAO ou Présentatique) de type Power Point. La préoccupation centrale du présentateur doit être le message et non son support technique. C’est lui qui présente et non son outil.

 

Une bonne histoire et de la présence

Le présentateur doit prioriser le message avant tout.  À quel auditoire s’adresse-t-il?  Quelles sont ses attentes? Quels sont les enjeux sensibles? Quel est le message central? Comment préparer l’auditoire à être réceptif à ce message? Reynolds rappelle que les histoires et les anecdotes pertinentes sont toujours plus captivantes que les alignements de données aussi savantes qu’ennuyantes.

L’attitude du présentateur est aussi un facteur-clé. Livrer une bonne performance, c’est fondamentalement une affaire de présence: « vous êtes crédible parce que vous êtes bien préparé mais aussi parce que vous êtes motivé; vous devez croire en votre histoire pour qu’il y ait échange avec le public ». La présentation publique est un art de la scène et le présentateur en est la vedette.

Reynolds dénonce une certaine culture organisationnelle qui ne supporte ni le vide ni l’allégorie, pour laquelle une présentation qui n’est pas surchargée et axée uniquement sur «le concret» ne saurait être sérieuse.  Au contraire, prône-t-il, «la simplicité provient d’un désir intelligent de clarté qui va au cœur d’un sujet» et le dépouillement permet de mettre en valeur l’élément central. Laissons donc de côté les listes à puces et les graphiques surchargés.

Il dénonce la tendance universelle à confondre le document imprimé avec la présentatique.  «Les diapos sont des diapos et les documents sont des documents. Ce n’est pas la même chose.» Pour gagner du temps, on crée des «diapo-documents», des présentations très touffues qui font aussi office de documents imprimés que l’on distribue à l’auditoire. En croyant faire d’une pierre deux coups, on tue la communication. Il faut, dit-il préparer deux documents :  un imprimé comprenant tous les renseignements techniques que nous voulons laisser à l’auditoire, et une présentation visuelle qui viendra appuyer la prestation du conférencier plutôt que de s’y substituer. Plus de travail, certes, mais combien plus efficace.

Ce livre est une référence utile pour les professionnels en relations publiques. Toute communication efficace relève principalement du dynamisme et de la conviction du présentateur. Les outils efficaces sont utiles, mais uniquement comme des supports à utiliser en contrepoint.

À propos de l'auteur:

Guy Versailles compte plus de 30 ans d’expérience en communications et relations publiques dans les secteurs public et privé, avec majeure en planification stratégique, relations de presse et gestion de crise. Spécialiste des mandats difficiles.
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